Nouvelles du club de lecture en temps de confinement : suite mais pas fin

Le poète belge, Serge Meurant nous a, quelquefois, rejoint à l’une ou l’autre rencontre. Il nous explique sur son site : www.sergemeurant.be

« La poésie est ma colonne vertébrale. Elle est mon souffle et ma raison d’exister. »  Il nous offre ces quelques poèmes écrits en gage d’amitié. Nous en avons choisi, avec beaucoup de difficultés, trois d’entre eux. Les voici…

Carnet 24 mars 2020

Je te téléphone longtemps
mais tu ne comprends
ni ne parle aucune langue

j’avais fait le vœu de vivre
en compagnie des  bêtes muettes
mais il me faut aujourd’hui

t’amener à rire
et t’étreindre par-delà
la distance aride.

…encore un autre :

Sur l’établi
le peu qu’elle laissa,
son profil derrière la vitre,
l’index se taisant
sur les lèvres.

…et puis un troisième :

Je  regardais à travers la vitre
les minuscules nouveaux-nés
dans les couveuses scellées

je vous vois aujourd’hui
échoués sur le ventre
dans les nasses noires du virus

je vous veille épouvanté
silencieux
comme au dernier jour.…

Nouvelles du club de lecture en temps de confinement : suite et pas fin

Voici ce que partage avec nous Jack :

Un libro al día: Pierre Assouline: Sigmaringen

« L’auteur nous raconte l’arrivée, en 1944,  dans un village allemand, à Sigmaringen,  des membres du gouvernement de Vichy avec à sa tête le maréchal Pétain, des miliciens et l’écrivain Céline… Certains rêvent de légitimé, d’autres d effacer un passé trouble ou d’assouvir encore leurs ambitions. Julius Stein, majordome du château nous donne a voir cette impensable déroute.
Écriture superbe, récit fluide, prenant, féroce et tendre…et surtout un récit « vu du bas » tout comme un autre roman du même auteur Lutetia  qui raconte un autre épisode de cette guerre : l’occupation par les nazis du célèbre hôtel parisien, Lutetia,  et l’accueil du retour des prisonniers français, vu aussi par l’œil du bas du « butler ».
J’en profite pour remercier Danièle qui m a fait connaître ce livre et son auteur.
Voici mes dernières lectures que je pourrais intituler « l’amour au temps du corona »
Un clin d’œil littéraire au roman de G. Garcia Marquez…ici pas question de désir pour de belles femmes avec des fleurs rouges dans les cheveux…mais de seules rencontres tactiles qu’on peut toujours se permettre…les LIVRES, oui des vrais en papier, ceux que l’on se promet de lire depuis des années de PAL (Pile A Lire), avec des variantes telles que PAR (Pile A Relire) souvent classées tout en haut, sur la dernière planche de nos bibliothèques…c’est le moment de retrouver ces compagnons de jeunesse dont quelques belges : Suzanne Lilar, Françoise Mallet-Jorsi, Marie Gevers, Marguerite Yourcenar… A ce propos,  je viens de voir, dans l’émission » Tout le baz’Art « ,un petit film récent d une réalisatrice belge, Françoise Levue, Zenon l’ insoumis autour du héros de l’Oeuvre au noir et du film qu André Delvaux en a tiré. C’est une méditation très poétique interprétée par Johan Leysen, immense acteur flamand et Marie-Christine Barrault. »
Suite très bientôt…

Nouvelles du Club de lecture en temps de confinement : il y eut un début…

La Biblio propose depuis de longues années un club de lecture intitulé Je dis livres ! qui se réunit un jeudi par mois à 15h30.
Ne pouvant plus nous réunir, nous avons, tout de même, décidé entre membres passionnés de continuer le lien et partager nos lectures par courriels interposés.

Voici le témoignage de Sylvie, elle vit entre Bruxelles et Dunkerque où elle se trouve actuellement. Elle est à l’initiative de ces échanges :

LITTÉRATURE: L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de ...

« J’avais emporté ce livre à l’issue de notre dernière rencontre car Jack l’ayant présenté et Saliha déjà lu, elles avaient exprimé des ressentis différents quant au personnage principal. J’étais curieuse de savoir quel serait le mien et il s’avère qu’il ne m’émeut pas autant que toi Saliha… Après Underground, que j’avais voulu lire sachant que Jean-Claude le présenterait, c’est le second livre que je lis et un 3e Chronique de l’oiseau à ressort m’attend dans ma pile à lire ! Qui l’a déjà lu ?
Mon compagnon Thierry, votre compatriote, est confiné chez moi à Dunkerque depuis le 12 mars. Je serai heureuse le jour où nous pourrons revenir chez lui à Saint-Gilles ! Et alors de vous revoir ! »
 

Suite très bientôt !

 


 …

La bonne idée du jour #6 : Wajdi Mouawad, journal

Wajdi Mouawad est selon, un très grand homme de théâtre, il est le directeur du Théâtre national de la Colline, dramaturge, metteur en scène incontournable, un très grand cinéaste – visionnez Incendieset également un très grand auteur. Lisez, relisez ses livres dont le surprenant Anima.

Anima - Wadji Mouawad - HighDownTown

Tous les jours depuis le 17 mars, il nous donne à écouter son journal de confinement. Pendant plus d’une dizaine de minutes, conteur enchanteur, il nous chuchote, à l’oreille des phrases qui semblent être destinées à nous seul·e·s…

C’est par ici ! (clic)

 …

Le poème du mois de mars

Dans le cadre de La langue française en fête qui aura lieu du 14 au 22 mars 2020, la Maison du Livre invite l’artiste Timotéo Sergoï à exposer  ses affiches poétiques*.
plus d’infos : www.lamaisondulivre.be
En résonance avec cet événement, nous vous proposons un de ses poèmes vendangé dans :

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A chaque seconde, il y a un fou qui naît, à chaque seconde,
il y a un sage qui meurt.(1, 2, 3 secondes.) A chaque seconde,
deux animaux s’embrassent, à chaque seconde, les adultes s’en
moquent. (1, 2,3 secondes.) A chaque seconde, un cosmonaute rit,
à chaque seconde, un scaphandrier pleure et plonge dans ses larmes
(1-2-3) A chaque seconde, on tue un tigre blanc, à chaque seconde,
on empaille un chasseur. (1-2-3) A chaque seconde, un bébé meurt
de froid, à chaque seconde, un banquier « meurt de faim ! » (1-2-3)
A chaque seconde, le soleil se rapproche, à chaque seconde, nos
idées s’obscurcissent (1-2-3) A chaque seconde, un couple se déchire,
à chaque seconde, tu ne me manques pas. (1-2-3) Que tes éclats de
rire (4-5-6) Et tes mains dans le noir. (7-8-9) Et ta bouche, quelquefois.
(10-11-12) Je t’attends sous l’horloge.

Ce livre est-il disponible ? 

 

En voici un autre pour les plus jeunes débusqué dans : 
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Souvent je regarde les yeux fermés
la Voie lactée
parce que je ne sais pas dire
Quelle étoile est mon étoile à moi
Pourtant mon oreille entend
cette étoile
Et quand je rouvre les yeux
j’ai appris à voir
non une mais deux étoiles à moi
visibles sur mon visage
visibles dans mes yeux
Alors je les referme à nouveau
et sous la Voie lactée
des millions de visages m’apparaissent
qui tous possèdent au ciel
non une ni deux mais plusieurs étoiles
et la Voie lactée me devient la dentelle
céleste d’un berceau unique
d’où viennent tous les hommes et
toutes les femmes de tous les temps

C’est fatigant et c’est beau

ce livre est-il disponible ?

Le poème du mois de février

Février, un mois glacial aux vents impétueux et algides ? Mais non ! Préparez boissons chaudes et desserts sucrés, ravivez la flamme de votre chaudière, collez vous à votre chat et dégustez ces deux poèmes.
Celui-ci a été braconné dans « Je voudrais pas crever » de Boris Vian (est-il disponible ?)

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Pourquoi que je vis

 Pourquoi que je vis
Pourquoi que je vis
Pour la jambe jaune
D’une femme blonde
Appuyée au mur
Sous le plein soleil
Pour la voile ronde
D’un pointu du port
Pour l’ombre des stores
Le café glacé
Qu’on boit dans un tube
Pour toucher le sable
Voir le fond de l’eau
Qui devient si bleu
Qui descend si bas
Avec les poissons
Les calmes poissons
Ils paissent le fond
Volent au-dessus
Des algues cheveux
Comme zoizeaux lents
Comme zoizeaux bleus
Pourquoi que je vis
Parce que c’est joli.

 

Et celui-ci, pour les plus jeunes, a été attrapé dans « Poèmes pour mieux rêver ensemble » de Carl Norac désigné poète national 2020  (est-il disponible ?) 

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Bestiaire pas si bête

 Chevrette petite chèvre, vachette petite vache,
poulette petite poule et tralala.
Ne crois pas que c’est toujours comme ça,
n’en fais pas une fixette.
Le genette n’est pas une petite gêne, mais un mammifère.
La chouette n’est pas un petit chou, mais un oiseau.
La belette n’est pas une petite belle, mais un mammifère.
La fauvette n’est pas un petit fauve, mais un oiseau.
La mouette n’a pas un petit coup de mou.
Allons ! La carpette n’est pas un petit poisson.
Bon, ça suffixe, oublie ta leçon,
tu viens jouer, soeurette ?
Non, ne répète pas : et là on dit côa ? Et ici c’est côa ?
Ne fais plus ta rainette, ma petite reine, on y va.…

Je dis livres ! : votre club de lecture

 

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Rendez-vous le jeudi 16 janvier à 15h30 pour un spécial Roumanie dans le cadre de la manifestation Europalia.
Venez découvrir :

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(ce livre est-il disponible ?)

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(ce livre est-il disponible ?)
Il n’est pas nécessaire d’avoir lu ces livres pour participer.
Bienvenue à tou·te·s !
Prochaines dates :  13 février et le 19 mars à 15h30…

Le poème du mois de janvier

Faites la fête !! !  Eh oui , cela fait juste un an que nous vous offrons un poème tous les mois…
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En voici un de Mona MacDee chiné dans « Petits poèmes bancals abandonnés aux nappes » (est-il disponible ?)

Elle
Elle marche,
surtout ne pas lever les yeux,
rester conforme.

Elle vit,
à travers « lui »,
surtout ne pas faire de vagues.

Elle pense,
mais non,
il pense pour elle !

Elle marche,
Elle relève la tête,
Elle se redresse et sourit.

Elle vit,
Elle reprend son souffle,
Elle reprend son âme,

Elle ouvre les yeux
Elle regarde,
Elle voit !

Elle pense
« Je suis libre !
Je suis moi ! »
Elle Est !

 

Un autre pour les plus jeunes mais qui aura une résonance, auprès de nous adultes qui cherchons très souvent un mot que notre mémoire se refuse à nous rappeler ! Il a été dégoté dans « Petits poèmes pour passer le temps » de Carl Norac et illustré par la toute grande Kitty Crowther.
(Est-il disponible ?) 

Le mot de la fable
 
J’avais un mot sur le bout de la langue.
Un tout petit mot,
pas plus grand que ça.
Il ne voulait pas que je le dise.
Il avait peur de tomber.
Lassé, j’ai crié : « Sors ! »,
grâce à un autre mot, moins couard,
qui était à côté par hasard.
Mais le petit mot resta
sur le bout de ma langue.
Alors, je me suis dit :
« D’accord, laissons-le là.
Il faut toujours garder en soi
Un mot qui n’obéira pas. »…