La bonne idée du jour #6 : Wajdi Mouawad, journal

Wajdi Mouawad est selon, un très grand homme de théâtre, il est le directeur du Théâtre national de la Colline, dramaturge, metteur en scène incontournable, un très grand cinéaste – visionnez Incendieset également un très grand auteur. Lisez, relisez ses livres dont le surprenant Anima.

Anima - Wadji Mouawad - HighDownTown

Tous les jours depuis le 17 mars, il nous donne à écouter son journal de confinement. Pendant plus d’une dizaine de minutes, conteur enchanteur, il nous chuchote, à l’oreille des phrases qui semblent être destinées à nous seul·e·s…

C’est par ici ! (clic)

 …

Le poème du mois de mars

Dans le cadre de La langue française en fête qui aura lieu du 14 au 22 mars 2020, la Maison du Livre invite l’artiste Timotéo Sergoï à exposer  ses affiches poétiques*.
plus d’infos : www.lamaisondulivre.be
En résonance avec cet événement, nous vous proposons un de ses poèmes vendangé dans :

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A chaque seconde, il y a un fou qui naît, à chaque seconde,
il y a un sage qui meurt.(1, 2, 3 secondes.) A chaque seconde,
deux animaux s’embrassent, à chaque seconde, les adultes s’en
moquent. (1, 2,3 secondes.) A chaque seconde, un cosmonaute rit,
à chaque seconde, un scaphandrier pleure et plonge dans ses larmes
(1-2-3) A chaque seconde, on tue un tigre blanc, à chaque seconde,
on empaille un chasseur. (1-2-3) A chaque seconde, un bébé meurt
de froid, à chaque seconde, un banquier « meurt de faim ! » (1-2-3)
A chaque seconde, le soleil se rapproche, à chaque seconde, nos
idées s’obscurcissent (1-2-3) A chaque seconde, un couple se déchire,
à chaque seconde, tu ne me manques pas. (1-2-3) Que tes éclats de
rire (4-5-6) Et tes mains dans le noir. (7-8-9) Et ta bouche, quelquefois.
(10-11-12) Je t’attends sous l’horloge.

Ce livre est-il disponible ? 

 

En voici un autre pour les plus jeunes débusqué dans : 
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Souvent je regarde les yeux fermés
la Voie lactée
parce que je ne sais pas dire
Quelle étoile est mon étoile à moi
Pourtant mon oreille entend
cette étoile
Et quand je rouvre les yeux
j’ai appris à voir
non une mais deux étoiles à moi
visibles sur mon visage
visibles dans mes yeux
Alors je les referme à nouveau
et sous la Voie lactée
des millions de visages m’apparaissent
qui tous possèdent au ciel
non une ni deux mais plusieurs étoiles
et la Voie lactée me devient la dentelle
céleste d’un berceau unique
d’où viennent tous les hommes et
toutes les femmes de tous les temps

C’est fatigant et c’est beau

ce livre est-il disponible ?

Le poème du mois de février

Février, un mois glacial aux vents impétueux et algides ? Mais non ! Préparez boissons chaudes et desserts sucrés, ravivez la flamme de votre chaudière, collez vous à votre chat et dégustez ces deux poèmes.
Celui-ci a été braconné dans « Je voudrais pas crever » de Boris Vian (est-il disponible ?)

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Pourquoi que je vis

 Pourquoi que je vis
Pourquoi que je vis
Pour la jambe jaune
D’une femme blonde
Appuyée au mur
Sous le plein soleil
Pour la voile ronde
D’un pointu du port
Pour l’ombre des stores
Le café glacé
Qu’on boit dans un tube
Pour toucher le sable
Voir le fond de l’eau
Qui devient si bleu
Qui descend si bas
Avec les poissons
Les calmes poissons
Ils paissent le fond
Volent au-dessus
Des algues cheveux
Comme zoizeaux lents
Comme zoizeaux bleus
Pourquoi que je vis
Parce que c’est joli.

 

Et celui-ci, pour les plus jeunes, a été attrapé dans « Poèmes pour mieux rêver ensemble » de Carl Norac désigné poète national 2020  (est-il disponible ?) 

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Bestiaire pas si bête

 Chevrette petite chèvre, vachette petite vache,
poulette petite poule et tralala.
Ne crois pas que c’est toujours comme ça,
n’en fais pas une fixette.
Le genette n’est pas une petite gêne, mais un mammifère.
La chouette n’est pas un petit chou, mais un oiseau.
La belette n’est pas une petite belle, mais un mammifère.
La fauvette n’est pas un petit fauve, mais un oiseau.
La mouette n’a pas un petit coup de mou.
Allons ! La carpette n’est pas un petit poisson.
Bon, ça suffixe, oublie ta leçon,
tu viens jouer, soeurette ?
Non, ne répète pas : et là on dit côa ? Et ici c’est côa ?
Ne fais plus ta rainette, ma petite reine, on y va.…

Je dis livres ! : votre club de lecture

 

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Rendez-vous le jeudi 16 janvier à 15h30 pour un spécial Roumanie dans le cadre de la manifestation Europalia.
Venez découvrir :

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(ce livre est-il disponible ?)

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(ce livre est-il disponible ?)
Il n’est pas nécessaire d’avoir lu ces livres pour participer.
Bienvenue à tou·te·s !
Prochaines dates :  13 février et le 19 mars à 15h30…

Le poème du mois de janvier

Faites la fête !! !  Eh oui , cela fait juste un an que nous vous offrons un poème tous les mois…
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En voici un de Mona MacDee chiné dans « Petits poèmes bancals abandonnés aux nappes » (est-il disponible ?)

Elle
Elle marche,
surtout ne pas lever les yeux,
rester conforme.

Elle vit,
à travers « lui »,
surtout ne pas faire de vagues.

Elle pense,
mais non,
il pense pour elle !

Elle marche,
Elle relève la tête,
Elle se redresse et sourit.

Elle vit,
Elle reprend son souffle,
Elle reprend son âme,

Elle ouvre les yeux
Elle regarde,
Elle voit !

Elle pense
« Je suis libre !
Je suis moi ! »
Elle Est !

 

Un autre pour les plus jeunes mais qui aura une résonance, auprès de nous adultes qui cherchons très souvent un mot que notre mémoire se refuse à nous rappeler ! Il a été dégoté dans « Petits poèmes pour passer le temps » de Carl Norac et illustré par la toute grande Kitty Crowther.
(Est-il disponible ?) 

Le mot de la fable
 
J’avais un mot sur le bout de la langue.
Un tout petit mot,
pas plus grand que ça.
Il ne voulait pas que je le dise.
Il avait peur de tomber.
Lassé, j’ai crié : « Sors ! »,
grâce à un autre mot, moins couard,
qui était à côté par hasard.
Mais le petit mot resta
sur le bout de ma langue.
Alors, je me suis dit :
« D’accord, laissons-le là.
Il faut toujours garder en soi
Un mot qui n’obéira pas. »…

Je dis livres ! le club de lecture de la Biblio

Nous vous convions le jeudi 19 décembre à 15h30 à la rencontre de notre club de lecture.
Les livres présentés sont les suivants :
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(est-il disponible ?)

Résultat de recherche d'images pour "madame rimbaud""
(est-il disponible ?)
Résultat de recherche d'images pour "les yeux rouges myriam leroy""
(est-il disponible ?)

Il n’est pas obligatoire d’avoir lu ces livres pour participer.
Bienvenue !
Prochaines dates : les 16 janvier et 13 février à 15h30…

Le poème du mois

Pour terminer l’année en beauté, deux poèmes de plus !

Celui-ci a été picoré dans :

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(est-il disponible ?)

Le blocus

Mes larmes sont bleues
tant j’ai regardé le ciel et pleuré
Mes larmes sont jaunes
tant j’ai rêvé des épis d’or
et pleuré

Que les chefs partent à la guerre
les amants aux forêts
les savants aux laboratoires
Quant à moi
je vais chercher un chapelet et une chaise ancienne
pour redevenir tel que j’étais
vieux chambellan à la porte de la tristesse
puisque tous les livres, les constitutions et les religions
assurent que je ne mourrai
qu’affamé ou prisonnier

Mohammad Al-Maghout (1934-2006, poète et écrivain syrien)
Pour les enfants, celui-ci a été pêché dans :
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(est-il disponible ?)
Cap’tain’ Crochett’
 Le cap’tain’ Crochett’, il doit bien penser
A ne jamais se gratter les orteils.
Le cap’tain’ Crochett’, il doit se garder
De se curer le nez ou les oreilles.
Le cap’tain’ Crochett’, il doit hésiter
A te serrer un peu fort la paluche.
Le cap’tain’ Crochett’, il doit se méfier
Avant d’ouvrir sa boîte de merluche.
De servir le thé, de jouer à chat.
De feuilleter un livre ou la gazette.
Ah ! s’il en est un que je n’envie pas –
C’est lui. C’est bien lui, Le cap’tain’ Crochett’ !…

Le poème du mois

Mois de novembre, mois d’automne où se ramassent à la pelle feuilles mortes et poèmes…

En voici un glané dans « Alcools » de Guillaume Apollinaire (est-il disponible ?)

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Automne malade
Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies
Automne malade et adoré
Quand il aura neigé
Dans les vergers

Pauvre automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n’ont jamais aimé

Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé

Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu’on foule
Un train
Qui roule
La vie
S’écoule
En voici un autre, de Jacques Prévert, à destination des plus jeunes d’entre-nous, maraudé dans « Paroles de révoltes » recueillies et présentés par Michel Piquemal (est-il disponible ?)

 

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Quartier libre

J’ai mis mon képi dans la cage
et je suis sorti avec l’oiseau sur la tête
Alors
on ne salue plus
a demandé le commandant
Non
on ne salue plus
a répondu l’oiseau
Ah bon
excusez-moi je croyais qu’on saluait
a dit le commandant
Vous êtes tout excusé tout le monde peut se tromper
a dit l’oiseau

 

Bonne dégustation !
 

 

 

 

 …